Les automobilistes racontent leurs journées de galère depuis les éboulements

photo imaz press reunion

Voilà maintenant plus de 15 jours que la route du littoral est basculée, suite aux importants éboulements survenus le 14 novembre dernier. Depuis, entre fermetures complètes, micro-coupures et basculement perpétuel, les automobilistes prenant la route le matin connaissent des heures noires, dans les embouteillages monstres qui se forment très tôt le matin. En attendant le retour à la normale, il faut évidemment prendre son mal en patience. La route devrait rester basculée au mieux jusqu’au 11 décembre. Imaz Press a recueilli les témoignages des "galériens" de la route du littoral.

 


Au moins deux heures de plus chaque jour, dans les embouteillages


Et pour cause, ce sont plusieurs heures de la journée passées à l’arrêt dans la voiture sous le soleil. Le matin, certains mettent près de 3 heures à relier l’est et l’ouest. Pour celles et ceux dont le travail est justement d’être sur les routes, le manque à gagner se fait également ressentir.


Partir une heure plus tôt ou revoir son itinéraire


En moyenne, les internautes ont expliqué partir une heure plus tôt pour arriver à l’heure au travail. Du coup, certains revoient leur itinéraire, préfèrent passer par la Montagne, ou faire le grand tour, par les Plaines.


Peu d’alternatives à la voiture individuelle


Même si l’application mobile de co-voiturage Karos propose ses services gratuitement - les co-voitureurs voient leurs frais d’essence entièrement pris en charge par la société - que les bus tournent à plein régime en centre-ville de Saint-Denis, les conducteurs restent très nombreux sur les axes routiers du nord. D’après les témoignages recueillis, beaucoup hésitent encore à covoiturer ou à opter pour le bus. Seule une internaute a expliqué pouvoir avoir recours ponctuellement au télétravail.


Moins d’heures de sommeil, de temps en famille, de loisirs, et davantage de stress


Ces heures passées dans les embouteillages sont autant d’heures qu’on ne passe pas à profiter de sa famille ou tout simplement, à dormir. Un situation qui génère de la fatigue et du stress et qui laisse peu de place aux loisirs ou tout simplement à la vie de famille. Le week-end, les habitants de l’est et du nord sont aussi nombreux à s’organiser différemment pour les sorties plages ou les repas de famille dans l’ouest.

 

 

Les automobilistes racontent

Coincés dans les embouteillages du Barachois, certains automobilistes ont fait part de leurs techniques pour rendre les trajets moins pénibles : éviter Saint-Denis tant que possible, organiser une distribution de bouteilles d’eau pendant l’embouteillage du Barachois, ou la mise en place de navettes héliportées...



 

Certains internautes ont également adressé leur témoignage, par message privé, ou sur le groupe Radar 974

Olivier, agent de sécurité résidant à Saint-Benoît, prend son poste à Saint-Gilles à 8 heures. "En temps normal, je sors de chez moi à 5h45 pour ne pas avoir trop de bouchon au niveau de Saint-André, Sainte-Marie et Saint-Denis. Le soir, je termine à 19h30 et je suis chez moi à 20h45. Mais depuis que la route est basculée, je quitte chez moi à 4h45 et j’arrive juste à 8h quand ça roule bien. Maintenant, j’arrive pas avant 22 heures. Du coup depuis le basculement c’est beaucoup moins d’heures de sommeil, plus de fatigue. Alors que dans mon boulot on doit rester vigilant, j’avoue qu’avec la fatigue je suis beaucoup moins attentif. Et plus les travaux durent et plus tout se complique, que se soit pour la vie professionelle comme pour la vie familliale. Ma compagne a du mal a comprendre et se demande même si je fais pas exprès de rentrer tard. Je ne vois quasiment pas mon fils. Impossible de poser des jours pour m’éviter cette galère, il m’en reste 5 et je préfère les garder pour l’anniversaire de mon garçon. Vivement la nouvelle route, même si je suis pas très pour cette route écologiquement parlant".

Helda, une dionysienne, met son réveil à 4h30 pour arriver à 8h à Saint-Paul, et le soir, elle n’est de retour à son domicile qu’à 19h-19H30, contre 18 heures habituellement. "En principe, c’est l’heure à laquelle on va au sport", mais impossible à cause de la "fatigue et de l’heure tardive". "Du coup, il faut préparer à manger, dodo vers 21h et rebelotte. C’est extrêmement fatiguant"

Stéphanie fait la route entre Le Guillaume et Saint-Denis. Pour prendre son poste à 9h 30 à Saint-Denis elle part maintenant à 7h15 au lieu de 8h, et arrive à Saint Denis à 9h. "Le soir ça va. Je plains tous les jours les gens dans l’autre sens".

Mathieu part lui aussi plus tôt : "Je quitte habituellement Bellepierre à 6h40 pour arriver à La Possession au boulot vers 7 heures max. Avec cette galère, je quitte chez moi à 5h30 pour arriver à 7h05-7h15. En plus on gagne le canal bichique le matin et le soir..... je finis à 15h et je suis pas chez moi avant 17h.

 


La galère continue pour les automobilistes. Beaucoup s’apprêtent à prendre la route la Montagne #RL pic.twitter.com/03NLrU1Jqk
— Imaz Press Réunion (@Ipreunion) 30 novembre 2016



 

Eidohle travaille au Port et vient de Saint-Denis : "Habituellement, je prends la route à 6h45 pour un trajet de 25 min pour arriver au travail le matin et entre midi et deux, un trajet de 20 min. Maintenant que c’est basculé, je prends la route à 6h le matin. Si je passe par la Route du littoral, je prends entre 1h30 et 2h et si je passe par la Montagne entre 45 min et 1 h. J’ai donc fait le choix depuis 2 semaines de passer par la Montagne le matin. Le midi je passe par la route du littoral et je prends 45 min à 1h tous les midis. J’arrive donc au travail très fatigué et je travaille au ralenti comparé à d’habitude. Plus le temps le matin de faire le ménage, de prendre un bon petit déj ou le soir de sortir, aller au ciné, trop de fatigue accumulée. Et puis le meilleur c’est le week-end, plus envie d’aller dans l’ouest, à la plage, car trop fait de route pendant la semaine. Donc on reste dans le nord".

Judicaël fait monter sa tension : "Levé à 5h à Saint-Denis, puis on passe 1h - 1h30 à insulter le monde entier, surtout la voiture juste devant qui a pas compris que quand la voie se rétrécit, on alterne entre une voiture de la voie de gauche et de une de la voie de droite. Du coup tu arrives au boulot éclaté avec 17.6 de tension artérielle. 19h30 tu sors du travail et rebellote avec les mêmes C. 1 journée ou deux ça passe, mais 6 semaines pour ça c’est abusé".

Anne-Sophie n’est pas touchée par les embouteillages mais son compagnon, Freddy 32 ans, carreleur, à Saint-Denis, oui. "Il fait la route tous les jours des Avirons à Saint-Denis car il travaille dans le Nord... Il sort de chez lui à 5h15 pour arriver à 6h30 dans le chef-lieu. Si il part après 5h30, il a obligatoirement les embouteillages et puis le soir il a les traditionnels bouchons de Cambaie… Quand la route n’est pas basculée, il peut partir à 5h30, mais là, il part à 5h10 pour commencer à 7h00. Le soir par contre il termine normalement à 1600h. Il doit quitter son chantier vers15h30/45pour éviter les bouchons de 16h30 dans Saint-Denis, notamment sur le boulevard Sud. Il ne peut plus sortir sur Saint-Denis quand il sort du travail"... Des habitudes un peu chamboulées donc.
 

Cécile, qui habite dans l’est , peut parfois faire du télétravail. Elle se réveille à 4h30 du matin au lieu de 6h pour aller travailler dans l’ouest, "pour éviter les ralentissements de l’Est et le Nord. Mais ça n’empêche pas d’avoir de l’embouteillage depuis le feu, carrefour labourdonnais. Et là c’est parti pour 1h-1h30 d’embouteillage. La fatigue se fait ressentir dès le mercredi. Et inutile de dire que le dimanche au soir, on imagine déjà les embouteillages du lendemain matin. Mais j’avoue que l’on s’habitue à force ! J’aurais même tendance à dire qu’une heure d’embouteillage pour moi, c’est faire une bonne route !
Et les activités extra-professionnelles sont banies ! Ca fait deux semaines que je ne fais plus mon sport. Pourquoi ? Sortir à 17h du boulot, arriver sur St-Denis à 18h30-19h, et on repense à ce qu’il y a à faire en rentrant à la maison, non... je n’ai pas forcément le courage pour mon sport (...) Ca parait peut être absurde, mais chaque soir je prépare tout pour le lendemain, de A & Z : de quoi prendre un bon petit-déjeuner, le repas du midi (...)et même... de quoi se faire belle (...) pour me pouponner, lorsque l’embouteillage est terminé, arrivée au boulot. (...) J’arrive à 6h30 au boulot, alors que je prends à 8h ! Donc je prends de l’avance, et je commence à bosser. C’est le coté bénéfique. Mais j’avoue qu’arriver en fin de semaine, le corps ressent les longues journées subies. Je considère que l’entreprise ne doit pas subir cet inconvénient de l’éloignement domicile/lieu de travail ! Alors je prends les devants, et pour ne pas trop subir l’embouteillage, je quitte très tôt chez moi. Et j’ai une chance par rapport à d’autre, c’est que j’ai la possiilité de travailler à distance. Une fois par semaine au moins, j’opte pour le télé-travail !! vive ce nouveau mode de travail !!! Et heureusement que j’ai une Direction qui est compréhensive et qui me laisse cette possibilité. C’est un mode de travail qui n’est pas encore bien répandu ! Mais les chefs d’entreprises devraient y remédier. Le salarié est plus performant que lorsqu’il se tape au minimum 3h d’embouteillage par jour. Vous imaginez une journée en ce moment ? En détaillant chaque tâche de la journée, combien de temps nous reste-t-il à apprécier notre journée ? Prenons mon exemple, mais je pense que c’est le cas d’autres personnes : 3h (entre le réveil, l’embouteillage, et la prise de fonction) + 7 heures de travail + 1h30 (strict minimum) d’emboutillages. Rajoutons les 8h de sommeil qu’on devrait faire. ce qui nous fait 19h30 sur 24h, soit 4h30 pour les activités extra professionnelles et la vie familiale. Trouvez vous ça normal ? Ce n’est plus vivre la vie, mais subir la vie ! (...) Cette route restera toujours une grande polémique ! Mais à un moment, il faut que les élus se bougent vraiment et prennent des mesures durables !

Nathalie travaille sur Saint-Denis et habite dans le chef-lieu. "Ça va. Mais pour aller voir la famille dans l’Ouest, je m’arrange pour toujours tomber dans les deux voies réduites ! Pas de co-voiturage pour moi. Et au pire quand il y a trop d’embouteillages sur la route du littoral, je passe par la Montagne ! 50 minutes, circulation plus ou moins fluide et de beaux paysages. Dans tout ce malheur c’est plutôt sympa."

Guillaume, 20 ans, qui travaille lui aussi dans le chef-lieu, part chaque jour de la Possession. "Pour moi pas beaucoup de changement, je pars 30 minutes plus tôt et je suis toujours en co-voiturage. Le week-end, on constate un peu moins de bouchon mais ils sont toujours là."

Geoffroy est lui aussi dionysien. "J’habite Saint-Denis donc pas de changement. C’est juste lourd pour aller à la plage quand la route est fermée le dimanche de 6h00 à 13h00. Du coup, on prend l’option cascade. Quand c’est basculé on annule la plage."

Indranie habite dans l’Est et n’est pas directement impactée par le basculement de la route du littoral. "Pour dimanche, mes copines et moi on maintient l’option plage, on partira dans l’aprem par contre" pour éviter, les gratinés.

Franck trouve qu’au contraire, ça roule mieux pour lui "comme les gens partent plus tôt que d’habitude moi j’ai plus du tout d’embouteillage pour entrer sur St Paul à 8 heures"

 

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