Attaque de requin dans la baie de Saint-Paul : l’émotion, puis la colère

Mardi 16 juillet 2013 - Les recherches pour retrouver les restes de la jeune baigneuse se poursuivent

Au lendemain du décès de la jeune Sarah Roperth, attaquée ce lundi 15 juillet par un requin à quelques mètres du bord dans la baie de Saint-Paul, l’agitation est un peu retombée aux abords du cimetière marin, où s’est joué le drame. Pour les curieux, touristes et surtout les habitants présents ce mardi matin, la colère a succédé à l’émotion, une colère dirigée principalement contre les autorités et les responsables politiques.

" Révolté ! " Voilà le sentiment de Jean-Philippe, habitant de Saint-Paul, au lendemain de l’attaque de la jeune Sarah par un requin. " La population souffre de voir cette enfant mangée par un prédateur au bord du rivage ", explique-t-il, très remonté. Il poursuit : " Si les parlementaires avaient mis les points sur les i, on n’aurait pas ce problème. Avant 1999, il n’y avait pas tout ça ! Avant, les plongeurs servaient de boucliers pour les baigneurs, mais maintenant, on se sert de La Réunion comme d’un laboratoire ! "

Selon lui, ce sont donc les autorités et les scientifiques qui sont en cause, ayant laissé proliférer les requins en interdisant la pêche sous-marine. " Cette petite fille n’était pas une touriste ", reprend-il. " Son père vit à La Réunion depuis très longtemps et elle se baigne ici depuis toute petite. Mais on ne lui avait pas dit que l’île avait changé, c’est comme si on avait mis du poison dans la mer sans prévenir personne... "

La jeune Sarah était en effet la fille du trésorier du club de voile de Saint-Paul, où l’émotion était encore très présente aujourd’hui. La victime n’était donc pas une simple touriste et connaissait bien la région. Née à La Réunion, elle vivait chez sa mère en métropole, à Bressuire (Deux-Sèvres)

Pour beaucoup, les hommes politiques doivent prendre leurs responsabilités. " Il y a des panneaux partout pour prévenir des radiers submersibles, mais pas un seul pour indiquer qu’il y a un risque d’attaque de requin ! ", témoigne un autre habitant des hauts de Saint-Paul. " La mer est belle ici, les touristes ne peuvent pas se douter du danger ", ajoute-t-il.

Pourtant, l’endroit est connu de tous comme étant une zone dangereuse. Réunionnaise vivant en métropole, Marie est en vacances à Saint-Paul. " Je ne me suis jamais baignée ici en raison des risques de noyade, mais pas à cause des requins ", souligne-t-elle, encore bouleversée par le drame de la veille : " C’est comme si le requin était quasiment venu sur la plage ! Il faut le tuer celui-là ! "

" On voit peu de gens se baigner ici ", raconte également Clotilde, employée du restaurant le Grand Baie. " Les gens savent qu’il peut y avoir des requins ici, il faut mettre des panneaux, c’est inadmissible de voir un drame comme ça. Les gens vont avoir peur et ne vont plus venir... "

Avec ce nouveau drame, beaucoup craignent de voir leur île stigmatisée en raison du risque requin. " L’image se ternit, c’est sûr ", estime Jean-Philippe, qui conclut : " C’est toute l’âme réunionnaise qui est touchée... "

Les recherches pour retrouver les restes du corps de la jeune fille se poursuivront ce mardi jusqu’à la tombée de la nuit. Elles n’ont pour l’instant rien donné.

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