2016 - Le don du sang est ouvert aux homosexuels

Don du sang

C’est la fin d’une discrimination longtemps dénoncée par les associations de défense des droits des personnes LGBT. Après 33 ans d’exclusion, les hommes homosexuels peuvent officiellement donner leur sang. La décision d’ouvrir le don du sang aux hommes gays, annoncée par Marisol Touraine en novembre 2015, est entrée en vigueur le 11 juillet 2016, à condition que ces derniers présentent une période d’abstinence sexuelle pendant 12 mois.

"Donner son sang est un acte de générosité, de citoyenneté, qui ne peut être conditionné à une orientation sexuelle. Dans le respect de la sécurité absolue des patients, c’est aujourd’hui un tabou, une discrimination qui sont levés", avait déclaré la ministre de la Santé. Cette dernière s’était engagée dès 2012 à revenir sur cette interdiction, conformément à la promesse faite par François Hollande avant la présidentielle. Les personnes ayant des relations homosexuelles étaient exclues du don du sang depuis 1983, à cause des risques de transmission du sida.

Risque "résiduel"

À partirdu 11 juillet, le "don de sang total" –la forme la plus courante où toutes les composantes du sang (cellules et plasma) sont prélevées– est donc ouvert aux hommes ayant eu des partenaires du même sexe mais il y a une condition. Ces derniers ne devront pas avoir eu relations sexuelles depuis douze mois.

"Cette décision garantit la sécurité du don du sang", avait assuré Marisol Touraine qui voulait "rassurer les receveurs". "Le risque sera tout à fait comparable" à celui qui existe aujourd’hui, selon le Dr Benoit Vallet, directeur général de la santé.

Dans le système actuel, dix à quinze donneurs sont diagnostiqués séropositifs chaque année, soit un risque "résiduel" de l’ordre de 1 pour 3.500.000 dons. Mais le dernier cas de contamination d’un receveur date d’il y a 13 ans.

Un délai d’abstinence qui fait polémique

Les hommes qui, au cours des 4 derniers mois, n’ont pas eu de relation homosexuelle ou ont eu un seul partenaire, pourront donner leur plasma (partie liquide du sang qui sert notamment en chirurgie). Celui-ci sera mis en quarantaine pendant deux mois et demi environ pour s’assurer de son innocuité.

La fin de l’exclusion des homosexuels permettra d’avoir 21.000 donneurs supplémentaires, soit 37.000 dons de plus (sur la base de trois dons en moyenne par an et par donneur), selon Benoit Vallet. "37.000 dons, c’est trois jours d’autonomie supplémentaire et c’est déjà beaucoup", note François Toujas, président de l’Etablissement français du sang (EFS). En 2014, 1,6 million de personnes ont donné leur sang en France.

Les associations avaient salué cette "avancée", mais elles déploraient que les conditions du don de sang ne soient pas les mêmes pour tous. C’est "la fin de l’exclusion systématique et à vie des homosexuels et bisexuels masculins des dons de sang", s’était félicité SOS homophobie, qui "regrettait" toutefois "très fortement le maintien des discriminations fondées sur l’orientation sexuelle".

C’est surtout la question de l’abstinence de relations homosexuelles pendant un an avant le don qui fait débat : si l’Inter-LBGT était en faveur de la proposition retenue par la ministre, d’autres comme la Fédération LGBT ou SOS homophobie réclamaient un délai "de quatre mois à partir du moment où il y a eu relation multipartenariale, pour les hétéros, comme pour les homos", avait expliqué à l’AFP Dominique Ganaye, porte-parole de la fédération LGBT.

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