UE : les libéraux européens rejettent l’alliance avec le M5S italien

© AFP/Archives - MARCO BERTORELLO

Les Libéraux européens ont tué lundi dans l’œuf un projet d’alliance au Parlement européen avec le Mouvement Cinq Etoiles (M5S) italien, anti-euro, un partenariat inattendu qui faisait grincer des dents au sein de l’Alliance des libéraux et des démocrates pour l’Europe (ALDE).

"Je suis arrivé à la conclusion qu’il n’existe pas de garanties suffisantes pour conclure un programme commun en vue de réformer l’Europe", a conclu lundi soir le président de l’ALDE, Guy Verhofstadt, dans un communiqué.

"Il n’existe pas suffisamment de points d’accord pour donner suite à la demande du Mouvement Cinq Etoiles de rejoindre l’ALDE. Il subsiste trop de divergences sur des sujets européens essentiels", a reconnu M. Verhofstadt, qui se présente le 17 janvier à la présidence du Parlement européen pour remplacer le social-démocrate allemand Martin Schulz.

Les sympathisants du M5S avaient voté favorablement en ligne dimanche et lundi matin - à une très large majorité (78,5%) - pour que leurs eurodéputés rejoignent les libéraux au Parlement de l’UE, et quittent donc leur groupe actuel où ils côtoyaient l’Ukip, partisan du Brexit.

Toutefois, des militants du mouvement italien avaient exprimé leur scepticisme, regrettant une volte-face du M5S, qui prônait jusqu’à présent un référendum pour sortir l’Italie de la zone euro.

Côté libéral, la proposition avait soulevé un grand scepticisme, sinon un tollé.

Ainsi, l’eurodéputée française Sylvie Goulard avait rejeté cette alliance avec un mouvement qui en Italie "est largement perçu comme anti-européen et souvent outrancier".

- Étonnement -

De fait, la coopération avec les libéraux de Guy Verhofstadt paraissait à maints égards comme contre-nature, l’ALDE étant l’un des groupes du Parlement européen les plus engagés en faveur de la monnaie unique et de l’intégration européenne.

Le fondateur du M5S, Beppe Grillo, avait d’ailleurs qualifié d’"imprésentable" le chef de l’ALDE en 2015.

M. Verhofstadt, ex-Premier ministre belge, a néanmoins souligné que "sur des questions d’intérêt commun, tels que l’environnement, la transparence et la démocratie directe, l’ALDE et le Mouvement Cinq Etoiles continueront à collaborer étroitement".

Pour expliquer son revirement, Beppe Grillo avait argué que rester membre du groupe Europe de la liberté et de la démocratie directe (EFDD) avec l’Ukip de Nigel Farage, revenait à "affronter les prochains deux ans et demi sans un objectif politique commun".

Il avait aussi expliqué avoir envisagé de rejoindre le groupe des Verts européens, mais ce dernier avait refusé "le dialogue".

Plusieurs dirigeants politiques italiens avaient également manifesté leur étonnement.

Pour un peu plus de pouvoir à Bruxelles, "les Cinq Etoiles abandonnent un groupe eurosceptique pour entrer dans l’ALDE, le groupe le plus favorable à l’Europe de l’euro, des banques, des lobbies et de l’immigration", avait dénoncé dimanche Matteo Salvini, le chef de la Ligue du Nord, anti-immigration et anti-euro, qui faisait partie jusqu’à 2014 du groupe EFDD.

mots clés de l'article : partis , GB , Italie , parlement , UE

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