Le foot birman rêve d’un nouveau départ

© AFP - YE AUNG THU

Peu de moyens, peu d’infrastructures et une équipe nationale au plus bas : le foot birman ne fait plus vibrer les fans mais ses dirigeants, aidés par la Fifa, rêvent aujourd’hui de lui donner un nouveau départ.

Dans le pays, les adeptes évoquent avec émotion la période bénie des années 60 et 70 où le pays pouvait rivaliser avec ses voisins asiatiques. L’ex-Etat paria a remporté plusieurs compétitions régionales dont les Jeux asiatiques de 1966 et 1970. Il a aussi participé aux Jeux olympiques de Munich de 1972.

Avant de connaître le déclin sous la junte militaire (1988-2011). Le pays est aujourd’hui à la 159e place du classement la Fédération internationale de football (Fifa), au grand dam de ses supporteurs.

Ye Aung Oo, qui joue sous un pont de Rangoun tous les soirs, regrette que ce sport soit tombé dans l’oubli en Birmanie. "J’adore jouer au football depuis que je suis petit. Je voulais devenir professionnel", dit cet informaticien de 20 ans.

Certes, l’équipe nationale "a besoin de beaucoup de travail", mais "j’espère qu’avec le temps, nous aurons plus de succès, maintenant que nous avons plus de soutien", dit-il.

Les fans ont quelques raisons d’espérer : le chef de la Fifa, Gianni Infantino, ouvre vendredi une nouvelle académie à Rangoun, la principale ville birmane, dans le cadre d’une campagne lancée par la fédération birmane de football pour relancer ce sport.

Cette dernière multiplie les sélections dans toutes les régions à la recherche de 200 nouveaux espoirs qui vont pouvoir intégrer les différentes académies du pays.

"La plupart des fédérations internationales de football ont des réserves de joueurs très talentueux, elles n’ont qu’à choisir parmi les meilleurs joueurs du pays. Mais nous, nous devons reconstruire les bases", explique Phone Naing Zaw, jeune directeur général de la Fédération birmane de foot.

- Hooliganisme -

En attendant, les fans et les anciens joueurs évoquent en boucle cette période où leur équipe savait les faire vibrer.

"Nous étions très bons au football à cette époque", assure l’ancien défenseur Myo Win Nyunt, aujourd’hui âgé de 71 ans.

Mais la gloire de l’équipe nationale s’est rapidement estompée : sous la junte, l’économie vacille, le pays se coupe du reste du monde et le sport comme la culture sont asphyxiés par le manque de financement.

Aujourd’hui, la Ligue nationale birmane suscite toujours de fortes rivalités et est même confrontée à un problème d’hooliganisme mais les matches n’attirent que rarement de grandes foules.

En revanche comme leurs voisins thaïlandais, les Birmans sont de grands fans de la Premier League anglaise, soutenant notamment Arsenal ou Chelsea.

Mais il est rare de les voir eux-même taper dans le ballon notamment à Rangoun, où les espaces disponibles sont de plus en plus rares car complètement grignotés par le développement urbain et les chantiers.

Pour expliquer cette désaffection, d’autres évoquent le peu d’intérêt pour le sport dans les écoles et le manque d’éducateurs sportifs.

A Rangoun, "de plus en plus d’enfants prennent des cours après l’école et n’ont donc plus le temps d’aller sur les terrains de foot", estime le journaliste sportif Sein Myo Myint.

Pour lui, il faudra encore être patient : "il faut que l’économie du pays s’améliore et que la situation politique soit stable. Et après ça, le sport va pouvoir repartir de nouveau".

mots clés de l'article : société , foot , Birmanie , MYANMAR FOOTBALL , fbl

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