La Corée du Sud va rouvrir l’enquête sur le massacre de Gwangju

© POOL/AFP - Kim Min-Hee

Le nouveau président sud-coréen Moon Jae-In a annoncé une nouvelle enquête sur la sanglante répression, en 1980, du soulèvement populaire de Gwangju, qui fut une étape importante du combat contre l’autoritarisme.

M. Moon n’a pu retenir ses larmes lors de la cérémonie officielle commémorant cet épisode noir de l’histoire sud-coréenne, qui fit officiellement plus de 165 morts et 70 disparus dans cette grande ville du sud-ouest, et qui contribua à court terme à consolider le pouvoir du général Chun Doo-Hwan.

"Le nouveau gouvernement fera des efforts plus grands pour lever le voile sur ce massacre (...) pour trouver qui a donné l’ordre d’ouvrir le feu sur les manifestants", a déclaré le président issu du Parti démocratique (centre-gauche) dans un discours télévisé.

Cette annonce, une semaine après l’élection de M. Moon, illustre à nouveau les clivages très politiques au sein de la société sud-coréenne sur la question de la mémoire historique.

Elle intervient un mois après que M. Chun eut démenti dans un livre en avoir été le responsable, se disant en avoir été le bouc-émissaire après le retour de la démocratie.

Dans les années 1970, M. Moon avait été arrêté pour avoir pris la tête de manifestations étudiantes contre l’ancien dictateur Park Chung-Hee, le père de l’ex-présidente destituée Park Geun-Hye, à laquelle il vient de succéder.

Beaucoup des partisans de M. Park, assassiné en octobre 1979, tentèrent au moment du soulèvement pro-démocratie de Gwangju de le présenter comme une révolte fomentée par les communistes.

"Le gouvernement Moon trouve ses racines dans le soulèvement pro-démocratie de Gwangju", a proclamé le président lors de cette cérémonie au cimetière de Gwangju, à laquelle 10.000 personnes assistaient.

M. Moon n’a pas retenu ses larmes quand la fille d’une victime a raconté à la foule comment son père avait été tué par les militaires alors qu’il tentait de rejoindre la maternité où elle venait de naître.

M. Chun prit le pouvoir lors d’un coup d’Etat en décembre 1979, profitant du vide laissé au sommet de l’Etat par l’assassinat de M. Park par le chef de sa propre police secrète.

Arrêté en 1995, M. Chun fut condamné à mort pour son rôle dans le coup d’Etat et la répression du soulèvement de Gwagju, puis en appel, à la détention à perpétuité.

Il fut gracié au nom de la réconciliation nationale par le président Kim Young-Sam, sur recommandation du président élu Kim Dae-Jung.

M. Kim Dae-Jung, qui recevra le Prix Nobel de la Paix en 2000, avait lui-même été condamné à mort sous le régime de Chun pour son rôle dans le soulèvement de Gwangju, mais sa peine avait été commuée en une peine de prison sur intervention de Washington et du pape Jean-Paul II.

mots clés de l'article : histoire , manifestation , politique , CoréeSud , dictature

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