En Equateur, les riches contre les pauvres dans les clips électoraux

© AFP/Archives - JOSE JORDAN

La lutte des classes, thème qui a marqué les dix ans de gouvernement du président Correa, est revenue sur le devant de la scène dans les derniers jours de la campagne pour l’élection présidentielle de dimanche en Equateur.

Sous le hashtag #ElSilencioDeLosPobres (#LeSilenceDesPauvres), le parti au pouvoir a posté sur les réseaux sociaux des vidéo clips tendant à démontrer comment le fossé entre riches et pauvres a diminué sous l’impulsion du président socialiste Rafael Correa, au pouvoir depuis dix ans et qui ne se représente pas.

Face aux attaques des milieux d’affaires et de la classe moyenne contre la politique gouvernementale, ce discours s’était fait jusqu’ici plus discret dans la campagne de Lenin Moreno, ex-vice-président de M. Correa et favori des sondages pour sa succession.

L’un des clips montre ainsi deux "peluconas", ou porteuses de perruques comme Rafael Correa surnomme les riches, en référence à l’époque d’avant la révolution française : "La situation est terrible ! C’est insupportable ! On ne peut même plus trouver un bon fromage étranger ici. Si ça continue comme ça, nous allons partir vivre à Miami", se plaint l’une d’elles.

Dans la cuisine, la bonne, en train d’éplucher des légumes, se dit à elle-même : "Maintenant, il leur faut respecter la loi et nous payer ce qu’il se doit. Sinon..."

A l’arrivée au pouvoir de Rafael Correa, une employée domestique n’était payée que 50% du salaire minimum, ce qui a été progressivement revu à la hausse.

L’opposition n’a pas tardé à réagir en montant un clip similaire, intitulé "Las peluconas de la 35", numéro sous lequel est aussi désigné Alliance Pays (AP), le parti de Rafael Correa et Lenin Moreno.

Dans ce spot, une femme se plaint qu’un ex-ministre, impliqué dans un scandale de corruption, ait dénoncé les actions malhonnêtes d’autres anciens fonctionnaires du gouvernement. "Ces cholos (métis) ont découvert que nous avions volé et si la 35 perd les élections, nous serons obligés d’aller vivre à Miami !", se lamente-t-elle.

Et la bonne de penser : "Elle enrage parce que son ministre de mari va devoir rendre ce qu’il a pris, la queue entre les jambes".

Ce à quoi la patronne réagit : "C’est sûr, elle va voter Lasso pour qu’il envoie mon mari en prison !"

Guillermo Lasso, ex-banquier et candidat de droite, se place deuxième dans les sondages.

mots clés de l'article : internet , élections , présidentielle , Equateur

à voir également en vidéo

newsletter actu Réunion

le meilleur de l’actualité péi, sélectionnée pour vous : actu, buzz vidéo, sorties ciné…

suivez-nous