Corée du Sud : l’héritier de Samsung de nouveau entendu lundi

© AFP/Archives - JUNG Yeon-Je

L’héritier de l’empire Samsung, Lee Jae-Yong, va de nouveau être entendu, lundi, dans le retentissant scandale de corruption qui a entraîné la destitution de la présidente sud-coréenne, ont annoncé dimanche les enquêteurs.

Le vice-président de Samsung Electronics, âgé de 48 ans, a déjà été plusieurs fois interrogé dans cette affaire qui secoue le pays.

L’équipe spéciale d’enquêteurs avait envoyé une onde de choc dans les rangs du conglomérat en requérant l’arrestation de M. Lee pour des soupçons de corruption, d’abus de biens sociaux et de parjure.

Le premier fabricant mondial de smartphones, qui pèse un cinquième de l’économie sud-coréenne, se remettait déjà à peine de la débâcle du rappel planétaire de son Galaxy Note 7 aux batteries explosives.

Mais la justice avait refusé le mois dernier de délivrer un mandat d’arrêt, estimant que les preuves n’étaient pas assez solides pour justifier son arrestation.

"Nous avons besoin d’interroger M. Lee au sujet de choses que nous avons découvertes (après le rejet du mandat d’arrêt)", a déclaré Lee Kyu-Chul, porte-parole des enquêteurs. L’audition est prévue lundi matin.

Deux autres cadres dirigeants de Samsung sont également convoqués, a ajouté le porte-parole, précisant que les enquêteurs pourraient demander l’arrestation de M. Lee à l’issue de son audition.

M. Lee est devenu le patron de facto du premier conglomérat sud-coréen après la crise cardiaque de son père en 2014. Il est accusé d’avoir soudoyé la confidente de l’ombre de la présidente Park Geun-Hye, Choi Soon-Sil, au centre du scandale qui dure depuis des mois.

En échange, il aurait obtenu des faveurs de la part de Mme Park.

Mme Choi est soupçonnée de s’être servie de son entregent pour contraindre les grands groupes industriels à "donner" près de 70 millions de dollars à ses fondations.

Samsung est celui qui s’est montré le plus généreux envers celles-ci. Il a également versé à l’amie de 40 ans de la présidente des millions d’euros, sous couvert de financer en Allemagne les entraînements sportifs de cavaliers sud-coréens, parmi lesquels la fille de Mme Choi.

Les enquêteurs cherchent en particulier à savoir si les versements de Samsung ont servi à acheter le feu vert du gouvernement à une fusion en 2015 entre deux filiales qui était cruciale pour la succession au sommet du groupe.

La destitution de Mme Park doit encore être validée par la Cour constitutionnelle. Tous ses pouvoirs ont été transmis au Premier ministre et elle n’a plus de présidentiel que le titre.

mots clés de l'article : technologies , Enquête , politique , CoréeSud , télécoms , corruption

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