Arabie saoudite et Iran : des décennies de relations conflictuelles

© AFP/Archives - MIKE NELSON

Les deux grandes puissances rivales arabe et perse du Moyen-Orient, le royaume saoudien et la République islamique d’Iran, se disputent depuis des décennies le leadership régional.

Elles se posent chacune comme le défenseur d’un des deux grands courants de l’islam, le sunnisme pour l’Arabie saoudite et le chiisme pour l’Iran.

Mardi, Ryad a accusé l’Iran "d’agression directe" après le tir d’un missile en direction de l’aéroport international de Ryad par les rebelles yéménites houthis, accusés d’être soutenus par Téhéran.

- Révolution iranienne -

En avril 1979, la République islamique d’Iran est instaurée. Son guide, l’ayatollah Rouhollah Khomeini, est accusé par des pays sunnites du Golfe de vouloir "exporter" la révolution chez eux.

- Guerre Iran-Irak -

En septembre 1980, l’Irak attaque l’Iran. Ryad va soutenir financièrement le régime de Saddam Hussein, et encourager les autres pays sunnites du Golfe à faire de même.

- Première rupture -

En juillet 1987, les forces de l’ordre saoudiennes répriment à La Mecque une manifestation interdite de pèlerins iraniens. Les affrontements font plus de 400 morts, en majorité iraniens. Les ambassades saoudienne et koweïtienne à Téhéran sont mises à sac.

Et en 1988, Ryad rompt ses relations avec l’Iran, dont les pèlerins seront absents du pèlerinage de La Mecque jusqu’en 1991.

La situation s’apaise en 1997 après l’élection du président modéré Mohammad Khatami, puis sa visite en 1999 en Arabie saoudite.

Mais l’invasion américaine de l’Irak en 2003 ravive la tension en faisant basculer Bagdad dans la sphère d’influence de l’Iran avec l’accession des chiites au pouvoir. Récemment, Ryad et ses alliés ont renoué avec les autorités irakiennes, pour tenter qu’elles se distancient de l’Iran.

- ’Printemps arabe’ -

En mars 2011, Ryad envoie un millier de soldats à Bahreïn réprimer la contestation essentiellement chiite, accusant l’Iran d’inspirer ces troubles.

A partir de 2012, Téhéran et Ryad s’opposent également sur le conflit syrien. L’Iran, aidé du mouvement chiite libanais Hezbollah, est le principal soutien régional du régime de Bachar al-Assad à qui il fournit une aide militaire et financière. L’Arabie est elle opposée au président syrien et appuie des groupes rebelles.

- Yémen -

En mars 2015, Ryad lance une opération militaire à la tête d’une coalition arabe pour empêcher les rebelles chiites Houthis, accusés d’être appuyés par Téhéran, de prendre le contrôle de l’ensemble du Yémen, pays voisin de l’Arabie saoudite.

- Nouvelle rupture -

En septembre 2015, l’Iran dénonce l’"incompétence" des autorités saoudiennes après une bousculade ayant coûté la vie à des centaines d’Iraniens au pèlerinage de La Mecque.

En janvier 2016, l’Arabie saoudite exécute 47 personnes condamnées pour "terrorisme", dont un dignitaire chiite. Le lendemain, Ryad rompt ses relations diplomatiques avec Téhéran après l’attaque de son ambassade en Iran.

- Hezbollah -

Début mars 2016, le Hezbollah, accusé de servir de tête de pont à l’Iran, est classé "terroriste" par les monarchies arabes du Golfe. La veille, son chef avait accusé l’Arabie saoudite d’œuvrer pour une "sédition entre musulmans sunnites et chiites".

En novembre 2017, c’est depuis Ryad que le Premier ministre libanais Saad Hariri annoncera sa démission, accusant le Hezbollah et son allié iranien de "mainmise" sur le Liban.

- Qatar -

En juin 2017, l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Yémen et l’Egypte rompent leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Ils accusent l’émirat de "soutenir le terrorisme", et de se rapprocher de l’Iran.

- Nucléaire -

En octobre 2017, le royaume saoudien salue la décision du président américain Donald Trump de ne pas "certifier" l’accord historique sur le programme nucléaire iranien, signé en 2015 par l’Iran et six grandes puissances.

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