Allemagne : l’agent des renseignements islamiste, un cas isolé

© AFP - PATRIK STOLLARZ

Le gouvernement allemand a défendu mercredi la fiabilité et la sécurité de son service de renseignement intérieur alors que des détails embarrassants apparaissaient sur le passé de l’agent arrêté, un islamiste soupçonné d’avoir infiltré cet organe pour préparer un attentat.

L’Office de protection de la Constitution (BfV), le renseignement intérieur, a dû néanmoins admettre que l’agent recruté au printemps avait réussi à cacher sa conversion à l’islam qui datait de 2014. Par ailleurs, mercredi soir, le quotidien populaire Bild affirmait que l’employeur n’avait pas non plus découvert que le suspect, un Allemand d’origine espagnole de 51 ans, avait joué dans des films pornographiques homosexuels.

"Pour l’instant, nous ne disposons d’aucune information selon laquelle il y a des problèmes structurels" au sein du renseignement intérieur, a défendu un porte-parole du ministère de l’Intérieur, Tobias Plate, lors d’un point presse régulier dans l’après-midi.

"Au contraire", a ajouté M. Plate, c’est l’Office lui-même qui a "démasqué" le suspect, dont l’arrestation et le placement en détention ont été annoncés mardi soir.

L’homme travaillait à la surveillance de la scène islamiste, selon les médias.

"Il s’agit d’un cas particulier", a insisté le porte-parole du ministère de l’Intérieur, interrogé sur l’existence de précédents ou de cas semblables au sein des services de renseignement.

Selon une porte-parole du BfV, les enquêteurs reprochent à l’agent interpellé d’avoir "tenu sur internet des propos islamistes et proposé lors de dialogues en ligne des informations internes".

Le parquet a lui indiqué que l’homme est suspecté d’avoir recherché en ligne des complices pour commettre un acte de violence visant la centrale du service de renseignement "au nom d’Allah" et contre "les infidèles".

Mais durant ces échanges, son interlocuteur était un autre collaborateur des renseignements intérieurs, dont le signalement à l’Office a déclenché l’enquête, selon le quotidien Die Welt.

Par ailleurs, "jusqu’ici, il n’existe aucune preuve d’un danger concret pour la sécurité du BfV et de son personnel", a indiqué le ministère de l’Intérieur à l’AFP.

L’Allemagne a été jusqu’ici épargnée par des attaques jihadistes d’ampleur du groupe Etat Islamique, du type de celles qui ont ensanglanté Paris ou Bruxelles. En revanche, plusieurs attentats islamistes ont été récemment commis par des personnes isolées.

D’autres projets ont été déjoués, le dernier datant d’octobre : un réfugié syrien, Jaber al-Bakr, voulait s’en prendre à un aéroport de Berlin. Arrêté avant son passage à l’acte, il s’est suicidé en prison.

mots clés de l'article : Enquête , politique , Allemagne , espionnage , islamisme

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