Une femme condamnée à 20 ans de prison pour l’assassinat de sa fille de 17 ans

© AFP/Archives - Franck Fife

Une femme de 53 ans, qui clamait son innocence, a été condamnée lundi soir à Melun à 20 ans de réclusion criminelle pour l’assassinat de sa fille de 17 ans, droguée et étouffée dans sa chambre en 2014.

Après trois heures de délibéré, la cour d’assises de Seine-et-Marne lui a infligé une peine conforme aux réquisitions de l’avocat général.

"Nous n’avions pas de doute sur le fait que c’est bien la coupable qui se trouvait dans le box des accusés", a réagi auprès de l’AFP Avi Bitton, un des avocats du père de la victime, estimant toutefois qu’"une peine plus clémente aurait été utile et suffisante".

"Les mobiles restent et resteront probablement obscurs", l’accusée "les a enfouis au plus profond d’elle-même", avait déclaré plus tôt l’avocat général au dernier jour de ce procès qui s’était ouvert le 4 janvier à Melun.

Pour lui, la quinquagénaire, emprisonnée depuis trois ans, est dans l’"impossibilité d’avouer l’atrocité de son passage à l’acte".

Évoquant un parcours "chaotique et douloureux", une "personnalité extrêmement complexe", "sujette aux secrets, aux manipulations, aux mensonges", il a estimé que l’accusée, elle-même abandonnée par ses parents biologiques, avait "surinvesti dès le départ sa fille" Marie.

Si elle est "loin d’être une mauvaise mère", "plus Marie grandit, plus les choses deviennent délicates", a-t-il retracé.

Deux ans avant la mort de l’adolescente, elle a reproduit "paradoxalement" une forme d’abandon, a-t-il soulevé, en s’installant chez son compagnon, laissant sa fille vivre seule dans un appartement à Maincy, près de Melun.

C’est dans cet appartement que le corps de la jeune fille avait été découvert, sur son lit, le 17 février 2014.

La mère avait affirmé aux policiers avoir reçu un appel d’un homme disant qu’il avait tué sa fille.

Selon l’accusation, la quinquagénaire a elle-même passé l’appel depuis une cabine téléphonique avec une carte achetée peu avant pour "mener les enquêteurs vers une mauvaise piste".

L’autopsie a mis en évidence des traces de strangulation et d’asphyxie ainsi que la présence d’une dose massive de somnifères. L’accusée en avait acheté quelques semaines plus tôt.

Pour Alizée Cervello, avocate du père de Marie, la scène de crime correspond à l’œuvre de "quelqu’un qui aimait la victime", "qui ne voulait pas qu’elle souffre".

Comme l’avocat général l’a lui-même souligné, un "rebondissement" a marqué ce procès, lorsque la défense - qui dénonce les "lacunes" de l’enquête - a remis à l’audience le téléphone de la victime, que les policiers n’avaient pas retrouvé. La tante de Marie a dit l’avoir découvert alors qu’elle vidait l’appartement.

L’expertise du téléphone, diligentée en urgence, n’a pas permis de dessiner un mobile, ni de désigner d’autres suspects.

Tout au long du procès, la défense n’a cessé de tenter de démonter un dossier qui, selon un des avocats, Quentin Dekimpe, "tient avec des bouts de ficelle".

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