Une exposition en images sur la précarité en France

© AFP/Archives - LOIC VENANCE

Cinq jours pour réaliser "un instantané de la pauvreté en France" : tel est le défi lancé par Médecins du monde à six photographes et un vidéaste dont le travail est présenté à l’occasion d’une exposition baptisée "Mise au Poing".

L’exposition est visible jusqu’au 18 mars à l’Espace Topographie de l’art à Paris). Elle célèbre l’ouverture il y a 30 ans du premier bureau de l’ONG en France.

"Avec mes cinq confrères, ils nous ont mis dans leur propre urgence", dit à l’AFP le photographe Denis Rouvre. "J’ai travaillé sur les blessures physiques qui ressurgissent sur les visages, des blessures qui viennent d’avant, de l’enfance parfois", dit-il.

"J’ai voulu sortir ces personnes de leur contexte et il a fallu les convaincre rapidement" pour les photographier sur fond noir, explique l’auteur du recueil "Des Français identités, territoire de l’intime".

"Il s’agit de populations mobiles. S’exposer trop longtemps à l’œil du photographe est compliqué" pour des personnes dont parfois les familles ignorent ce qu’elles sont devenues, dit Françoise Sivignon, présidente de Médecins du monde, créé en 1980 par Bernard Kouchner.

Le vidéaste Christophe Acker, habitué à filmer des personnes connues, a tourné sa caméra vers le monde de la prostitution clandestine, avec l’obligation de ne pas dévoiler les visages.

La photographe Claudine Doury en fait l’expérience de l’imprévisibilité de ses sujets en suivant notamment le quotidien d’une mineure roumaine dans la banlieue parisienne : "tout s’est passé trop vite", dit la photographe qui "n’a pu se mêler à la famille". Son récit "s’est terminé en plein vol", après la disparition soudaine de la jeune fille, "expulsée".

L’Espagnol Alberto Garcia-Alix a saisi cette urgence avec de jeunes adolescents aux regards fiers. "La mise au point, c’est aussi la mise au poing sur la table", dit la présidente de l’ONG, Françoise Sivignon, rappelant que Médecins du monde, a réalisé "environ 30.000 consultations en 2016".

Cédric Gerbehaye a traité des "mineurs sans papiers", montrant, en noir et blanc, leur errance dans les rues et des lieux improbables.

Le Néerlandais Henk Wildschut a choisi la couleur pour capter la fuite des migrants de Vintimille en Italie. Le froid, les grilles, les obstacles naturels constituent autant d’entraves pour les hommes et le photographe.

Valérie Jouve a suivi un tout autre chemin en ne saisissant que des personnes qui ont posé, y compris des volontaires de Médecins du Monde. "J’ai averti que ce serait des images décalées", dit la photographe.

mots clés de l'article : pauvreté , photographie

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