Un squat de migrants évacué à Caen pour raison de sécurité

© AFP - CHARLY TRIBALLEAU

La police a évacué jeudi matin tôt à Caen un bâtiment industriel squatté par des migrants, dont une dizaine d’enfants, pour des raisons de sécurité selon la préfecture.

"J’ai fait faire des expertises par les pompiers qui se sont révélées extrêmement alarmantes sur les risques d’incendie. Des hôtels ont été réquisitionnés à Caen pour mettre à l’abri, pour deux mois, toutes les personnes" présentes dans le bâtiment, a raconté, devant le squat, à des journalistes Benoît Pichard directeur de cabinet du préfet.

34 personnes dont quatre familles soit une dizaine d’enfants se trouvaient dans le squat à l’arrivée de la police avant le lever du jour, selon la préfecture. Les migrants n’avaient pas été informés et il n’y a pas eu de recours à la force, selon M. Pichard.

Il fallait "éviter de se retrouver avec un troisième incendie de squat sur Caen. Ca commençait à devenir assez dangereux et l’insalubrité faisait que les conditions n’étaient pas dignes", dans le bâtiment squatté depuis plus d’un an, a ajouté M. Pichard.

Deux squats de migrants ont brûlé à Caen, en avril et en juillet 2016. Il n’y a pas eu de victime. L’origine des sinistres n’a pas été établie.

"On travaille pour que ces familles puissent avoir un toit digne de ce nom", a dit le directeur de cabinet.

"On est complètement saturés à Caen en terme d’hébergement d’urgence. On est à 1.000 nuitées tous les soirs (pour des migrants ou non migrants) C’est pour cela qu’on a réquisitionné de nouvelles chambres d’hôtel", a ajouté M. Pichard.

Des membres de "l’assemblée générale de lutte contre les expulsions" ont condamné l’évacuation. Selon eux, la préfecture avait promis de ne pas y procéder pendant l’hiver.

Patrick Arz, co-président de l’Asti 14 (association de solidarité avec tous les immigrés), a estimé que les migrants évacués seront "a priori dans une meilleure situation sanitaire".

Le bâtiment appartient à l’entreprise Drouet, dont le nom figure sur le lieu à l’abandon. Une décision de justice datant de juin 2016 avait ordonné l’expulsion.

Plusieurs centaines de migrants vivent à Caen, agglomération qui se situe à 15 kilomètres du port de Ouistreham (Calvados), d’où part une liaison directe par ferry vers l’Angleterre.

Selon la préfecture, la plupart des migrants évacués sont des demandeurs d’asile, "beaucoup d’Albanais, et des Afghans".

Caen compte quatre squats où vivent une centaine de migrants, selon M. Arz.

mots clés de l'article : immigration , SDF

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