Soupçons de viol au 36 quai des Orfèvres : décision le 28 septembre

© AFP/Archives - PATRICK KOVARIK

La justice dira le 28 septembre si elle confirme ou pas le non-lieu dont ont bénéficié deux policiers soupçonnés d’avoir violé une touriste canadienne en 2014 dans les locaux du célèbre siège de la police judiciaire parisienne, ébranlé par ce scandale, a-t-on appris de sources proche du dossier.

Jeudi, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris s’est penchée sur les recours déposés contre l’ordonnance des juges d’instruction qui ont choisi, en juillet 2016, de renoncer aux poursuites contre deux policiers de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI), âgés aujourd’hui de 38 et 47 ans.

Le parquet, qui avait demandé leur renvoi devant les assises pour "viols en réunion", avaient fait immédiatement appel de cette décision, tout comme la plaignante.

Le 22 avril 2014, dans un pub irlandais proche du 36 Quai des Orfèvres, des policiers s’étaient liés avec la jeune femme, alors âgée de 34 ans. En pleine nuit, les fonctionnaires, qui n’étaient pas en service, lui avaient fait visiter leurs locaux.

Elle en était sortie en larmes un peu plus tard, extrêmement choquée et avait porté plainte pour viol.

Après avoir démenti lors de sa première audition de garde à vue, le policier le plus âgé avait évoqué une relation sexuelle "consentie" avec la jeune femme. L’autre a réfuté avec constance avoir eu un rapport sexuel, même s’il avait fini par reconnaître des "attouchements réciproques", selon une source proche du dossier. Mais aux yeux du parquet, les traces ADN le confondent.

Un troisième avait été placé sous le statut intermédiaire de témoin assisté.

"Nous sommes sereins et confiants pour qu’enfin cette page se tourne et qu’ils reprennent une vie normale", ont fait savoir après l’audience leurs avocats respectifs, Sébastien Schapira, Anne-Laure Compoint et Gustave Charvet.

"Ce n’est pas un dossier parole contre parole", a affirmé pour sa part Sophie Obadia, l’avocate de la jeune femme. Elle reproche aux juges d’avoir "passé 10% de leur temps sur les auteurs et 90% sur la victime" pour en cerner la personnalité.

"Ce dossier est emblématique de la question du viol en France, on est encore dans une instruction à la papa où on dit qu’elle était aguicheuse", a-t-elle ajouté. Selon elle, sa cliente "était ivre, donc incapable de donner son consentement et donc c’est un viol".

Des empreintes génétiques des deux fonctionnaires avaient été trouvées sur les sous-vêtements de la jeune femme, ainsi qu’une troisième, inconnue. Une vaste opération de prélèvements ADN sur des fonctionnaires de la police judiciaire avait eu lieu en septembre 2015, mais n’avait rien donné.

Dans leur ordonnance, les juges avaient notamment estimé que les propos de la jeune femme, "souvent défensifs", empêchaient "de se fonder sur la sincérité de sa parole pour reconstruire les faits qu’elle dénonce".

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