Site de téléchargement illégal : un administrateur présumé mis en examen

© AFP/Archives - PHILIPPE HUGUEN

Il est soupçonné d’être un administrateur d’un des sites illégaux de téléchargements les plus fréquentés en France : un homme a été mis en examen mercredi soir à Toulouse, le parquet ayant requis son placement sous écrou.

Selon la police d’Andorre, où il résidait, il serait le responsable des finances du site pirate "Zone Téléchargement", qui proposait jusqu’à lundi soir des centaines de milliers de liens vers des films, de la musique, des documentaires ou des séries. Le manque à gagner pour les ayants droit des oeuvres mises à disposition est estimé à 75 millions d’euros.

Interpellé lundi alors qu’il se rendait à Toulouse, il est notamment poursuivi pour "contrefaçon", "blanchiment aggravé" et "travail dissimulé", en bande organisée.

Le parquet a requis son placement en détention provisoire, mais le mis en examen a sollicité un délai avant d’être présenté à un juge des libertés et de la détention. Cette étape judiciaire doit avoir lieu dans les quatre prochains jours ouvrés.

Un second suspect, qui gérait, selon la police andorrane, la partie technique et informatique du site, était toujours "en attente d’extradition" dans la Principauté, où il avait été arrêté lundi.

Selon le parquet, la procédure pourrait prendre quelques semaines si le suspect accepte l’extradition, plusieurs mois s’il s’y oppose.

En revanche, trois autres personnes, qui avaient elles aussi été placées en garde à vue à Toulouse, ont été remises en liberté mercredi, selon une source proche de l’enquête.

La gendarmerie française avait annoncé lundi sur son compte Twitter la fermeture du site pour contrefaçon, après une enquête menée par la section de recherche (SR) de Toulouse et le centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N).

Mardi à la mi-journée, le site était réapparu en ligne, à la joie de nombreux internautes, mais sans que le téléchargement de contenus ne soit possible.

- "Comptes courants et jaguars" -

Comptes courants, assurance-vie, deux Jaguars, du liquide : 450.000 euros d’avoirs ont été saisis au total dans cette enquête, menée par la justice française en partenariat avec l’Andorre, mais aussi l’Allemagne et l’Islande.

A travers des régies publicitaires, les administrateurs du site pouvaient monétiser les visites de ses utilisateurs pour générer des profits, chiffrés à au moins 1,5 million d’euros par an par la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem).

L’organisme avait porté plainte aux côtés de l’Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (Alpa) à l’automne 2014, déclenchant de longs mois d’enquête.

"Zone Téléchargement", un site de téléchargement francophone très populaire, se rangeait à la 11e position des sites les plus fréquentés en France, toutes catégories confondues, derrière l’encyclopédie Wikipedia ou le site de vente en ligne Leboncoin, mais devant le réseau social Twitter, selon l’outil de référencement Alexa.

Il était aussi très utilisé au Canada, en Algérie et à Madagascar.

Plus de 2,5 millions de liens vers des films, séries, documentaires, musique ou livres étaient disponibles à l’adresse www.zone-telechargement.com, selon la Sacem : il s’agissait d’une plateforme de téléchargement direct, contrairement aux systèmes de partage entre utilisateurs comme le "torrent" ou "peer-to-peer".

La Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi), créée en France pour lutter contre le piratage, est impuissante face à ce type de site : elle contrôle seulement le partage de fichiers entre internautes.

mots clés de l'article : jeux , musique , internet , France , Enquête , cinéma , Andorre

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