Sentinelle, une opération militaire inédite sur le territoire national

© AFP/Archives - ALAIN JOCARD

L’opération Sentinelle, dont un militaire a été désarmé par un individu samedi matin à l’aéroport d’Orly-Sud (Val-de-Marne), représente une mobilisation sans précédent de l’armée sur le territoire national depuis la guerre d’Algérie.

Au total, 7.000 militaires sont déployés en permanence en France - pour moitié en région parisienne - depuis l’attentat contre Charlie Hebdo en janvier 2015.

Ces moyens, fournis par l’armée de Terre, peuvent être portés à 10.000 hommes en cas d’attentat ou d’événement d’envergure à protéger. Parallèlement, 6.500 hommes sont engagés dans des opérations extérieures, principalement au Sahel (opération Barkhane) et au Levant contre le groupe Etat islamique (Chammal).

Les militaires protègent des sites religieux (synagogues, mosquées..), particulièrement exposés au risque terroriste, ou très fréquentés (lieux touristiques, gares...).

Ils représentent, comme les policiers, une cible privilégiée. En février 2015, trois militaires en faction devant un centre communautaire juif avaient été agressés au couteau à Nice.

En janvier 2016, un Français d’origine tunisienne avait foncé en voiture sur quatre militaires en faction devant la mosquée de Valence, qui l’avaient grièvement blessé en ripostant.

Les soldats, qui étaient à l’origine postés à l’entrée des sites sensibles, opèrent beaucoup plus désormais en patrouilles, un mode opératoire jugé plus efficace par l’armée et qui les rend moins repérables et vulnérables.

Ils sont toutefois présents "de manière quasi permanente" sur certains sites très fréquentés comme les aéroports ou les musées.

En attendant le recrutement de 11.000 soldats supplémentaires en 2016-2017, l’opération Sentinelle, montée dans l’urgence, pèse fortement sur les militaires.

Entre opérations extérieures et Sentinelle, ils sont éloignés jusqu’à 220 jours par an de leurs familles et ont vu le nombre de leurs jours d’entraînement chuter à 65 en 2015 et environ 70-75 en 2016, loin de l’objectif de 90 défini dans la loi de programmation militaire.

Après l’attentat de Nice le 14 juillet 2016, 3.000 soldats ont été rappelés en 24 heures, 2.000 n’ont pas pris de congés et certains ont cumulé jusqu’à trois mois consécutifs de mission Sentinelle.

"L’opération Sentinelle déséquilibre l’activité des forces terrestres, dont la préparation opérationnelle reste la variable d’ajustement", déplorait en novembre le député socialiste François Lamy, membre de la commission de la Défense à l’Assemblée nationale.

Cet emploi massif de soldats sur le territoire national fait débat, certains politiques - surtout à droite - et militaires s’interrogeant sur son efficacité par rapport à l’effort demandé aux armées.

L’opération a aussi posé un gros problème d’hébergement des soldats, notamment sur Paris, où nombre de sites militaires ont été vendus pour renflouer les caisses de l’Etat.

Des soldats ont dû être logés à la sauvette sous les combles de mairies d’arrondissement, dans des écoles en construction ou chez des particuliers jusqu’à ce que des structures plus adaptées soient aménagées.

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mots clés de l'article : tourisme , aéroport , transport , armée , Agression

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