Sanction disciplinaire pour l’ex-patron des "Stups" François Thierry

© AFP/Archives - PATRICK KOVARIK

L’ex-patron de la lutte antidrogue François Thierry, visé par une procédure disciplinaire, a été sanctionné : la procureure générale de Paris vient de lui retirer son habilitation d’officier de police judiciaire en raison de "manquements" aux obligations de loyauté, a annoncé mardi le parquet général dans un communiqué.

Catherine Champrenault, "après avoir recueilli les observations" de l’ancien patron de l’office de lutte antidrogue (Ocrtis), "a décidé de procéder au retrait de l’habilitation d’officier de police judiciaire" du commissaire-divisionnaire, précise le communiqué.

"Au regard des éléments de la procédure, la procureure générale a considéré que les manquements établis entachaient gravement et durablement sa confiance", a justifié le parquet général.

Cette décision lui a été notifiée en début de la semaine, selon une source proche du dossier.

La magistrate avait lancé cette procédure après la mise en examen du policier le 24 août pour "complicité de trafic de stupéfiants" dans l’affaire de la saisie suspecte de 7 tonnes de cannabis en octobre 2015 à Paris. Il avait été laissé libre, sans contrôle judiciaire.

Concrètement, le policier qui a été muté à la Sous-direction antiterroriste (Sdat) en 2016, ne peut plus procéder à des gardes à vue ou à des perquisitions, selon une source proche du dossier.

Les officiers de police judiciaire sont placés sous la surveillance des procureurs généraux qui ont le pouvoir d’attribuer les habilitations "OPJ" mais peuvent aussi les retirer. C’est dans ce cadre que la magistrate avait convoqué François Thierry les 20 et le 21 septembre.

"Ce qui est reproché à François Thierry dans cette procédure disciplinaire, ce ne sont pas les infractions pour lesquelles il a été mis en examen. Mais la procureure générale a considéré que les enquêtes judiciaires ont mis en avant des manquements graves aux obligations de loyauté à l’égard de la justice, et notamment du parquet", a souligné la proche du dossier.

Dans la foulée de la saisie record de cannabis en octobre 2015, la justice avait découvert que la drogue était arrivée en France dans le cadre d’une livraison surveillée opérée par l’Ocrtis avec l’aide d’un informateur important de "l’office", considéré comme un trafiquant de drogue de haut vol. La drogue cachée dans des camionnettes avait été découverte au pied du luxueux appartement de cet "indic" donnant sur le boulevard Exelmans dans le XVIe arrondissement de Paris.

L’ex-patron de l’Ocrtis est notamment soupçonné d’avoir favorisé l’importation de drogue en France sans avoir informé totalement l’autorité judiciaire des modalités de l’opération ni du rôle-clé de cet informateur qu’il gérait en direct. Il affirme au contraire que les magistrats étaient au courant des méthodes d’infiltration de l’Ocrtis.

François Thierry a désormais un mois pour effectuer un recours grâcieux auprès la procureure générale. Passé ce délai, il a encore un mois pour saisir une commission de la Cour de cassation, la plus haute juridiction judiciaire.

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