La Réunion, loin d’être une terre d’asile

photo RB imaz press reunion

Après avoir été retrouvés au large de nos côtes ce mercredi 21 mars 2018, six marins Sri Lankais ont commencé les démarches pour une demande d’asile ce jeudi 22 mars a indiqué leur avocat Maitre Mihidoiri Ali. Une demande qui se fait rare à La Réunion, classée parmi les 12 départements français recevant le moins de demandes.

Ce mercredi 21 mars, six Sri Lankais ont été retrouvés en mer au large de Saint-Gilles. À bord d’un radeau bricolé, ils ont été retrouvés en bonne santé par le CROSS (Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage). Actuellement en rétention administrative, ils ont commencé les démarches pour obtenir l’asile ce jeudi 22 mars.

Depuis le 1er janvier 2018, ce sont deux demandes qui ont été faites auprès des services de l’État. Celles d’un Bulgare et d’un Indien. Si les demandes des six rescapés Sri Lankais pourraient faire gonfler ce nombre, cela rapprocherait le département du nombre de demandes qu’elle a reçu en 2017, 11. D’Afrique du Sud, du Burundi, des Comores, d’Inde et du Pakistan, l’État ne communique pas la répartition de ces onze demandes réalisées l’an dernier. Par ailleurs, si le nombre de requête est désormais connu, les décisions prises sur les dossiers ne sont pas rendues publiques par l’administration.

Alors, La Réunion fait-elle partie des départements les plus demandés en France ? Loin de là. Selon les derniers chiffres de l’OFPRA, l’Office français de protection des réfugiés et apatrides, l’île fait partie des 12 départements ayant reçus le moins de demandes -inférieures à 99- en 2016. Avec elle, la Meuse, le Gers, le Lot, l’Aveyron, la Lozère, le Cantal, la Corrèze, la Creuse, la Nouvelle-Calédonie, Saint-Pierre-et-Miquelon et la Martinique. Cette dernière qui a connu une baisse vertigineuse des demandes cette année-là (-49%). 



- Rarement plus de 10 demandes par an -

En se centrant sur les outre-mer, l’OFPRA fait apparaître des disparités importantes entre les différents départements. L’Office français de protection des réfugiés et apatrides greffe les chiffres réunionnais à ceux de la Nouvelle-Calédonie et de Saint-Pierre-et-Miquelon, alors que Mayotte, la Guyane, la Guadeloupe et la Guyane sont séparées. Les chiffres ci-dessous montrent l’évolution de la demande d’asile outre-mer.



Cumulés, les chiffres de La Réunion, de la Nouvelle-Calédonie et de Saint-Pierre et Miquelon, dépassent peu fréquemment les 10 demandes. Exception faite en 2008, avec 30 demandes effectuées. Dont au moins 23 à La Réunion. Pour rappel, fuyant les troupes de l’Union Africaines venues l’arrêter à la demande de l’Union des Comores soutenue par La France, l’ex-président anjouanais Mohamed Bacar et 22 de ses hommes étaient arrivé à La Réunion en mars 2008 en provenance de Mayotte. Les 23 hommes avaient demandé l’asile politique, accepté pour 4 d’entre eux.

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Dans l’océan Indien, l’OFPRA n’évoque par écrit d’ailleurs que nos voisins mahorais. "À Mayotte, les demandes d’asile en provenance des Comores ont accusé une baisse, alors que les demandes émanant de ressortissants congolais de République démocratique du Congo et du Burundi ont vu leur part augmenter en raison des troubles et violences sévissant dans la région. En 2016, en raison de l’augmentation de la demande l’Ofpra a organisé une mission d’instruction sur place".



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