Grasse : l’auteur de la fusillade, un élève fragile, fils d’un élu

© AFP/Archives - Valery HACHE

Fils d’un élu de droite de Grasse, fasciné par les armes et les images morbides, l’adolescent qui a ouvert le feu dans son lycée jeudi, blessant plusieurs personnes, semblait mal intégré dans son établissement, où il comptait peu d’amis.

"Il était dans ma classe en sciences. OK il avait l’air pas net, il portait des vêtements sombres mais (...) de là à penser qu’il allait faire ça… non !" raconte à l’AFP Inès, une élève de 1e ES du lycée Tocqueville, qui allait en cours de sciences avec le suspect de la fusillade, lui-même en 1e L. "On m’a dit qu’il était pas très sociable, qu’il avait pas d’amis mais il avait pas l’air d’un psychopathe", renchérit la jeune fille.

Issam, 17 ans, en terminale ES, cheveux noirs et barbu, accompagné de ses deux parents, vient de sortir du lycée où il est resté confiné un long moment après la fusillade : "C’est pas quelqu’un dont on imagine qu’il ferait un attentat", souligne-t-il. "On ne se dit pas qu’il peut porter des armes, c’est choquant. Maintenant, limite je vais avoir peur. Il était souvent seul ou accompagné d’un ami", se souvient-il.

Pour la procureure de Grasse Fabienne Atzori, c’est justement ces difficultés d’insertion qui pourraient être à l’origine du passage à l’acte du jeune homme, qui aura 17 ans cette année : ses motivations "semblent liées aux mauvaises relations qu’il entretiendrait avec d’autres élèves" de l’établissement, a-t-elle expliqué au cours d’une conférence de presse, excluant tout mobile terroriste.

Un lycéen d’une autre classe que celle du tireur semble même accréditer l’idée que le jeune homme pourrait avoir recherché des cibles particulières, une thèse que n’a pas confirmée Mme Atzori. "On était en plein contrôle. Il a shooté dans la porte et il est ressorti en s’excusant comme s’il cherchait quelqu’un, il avait un flingue devant, un derrière, un fusil de chasse et un pistolet", raconte Enobong, un élève de 2de.

- "des trucs gore" -

De fait, sur Facebook, photos et vidéos macabres, dont des images de la tuerie de Columbine, qui avait fait 15 morts -dont ses deux auteurs- dans un lycée américain en 1999, parsèment un compte au nom de l’adolescent arrêté, qui semble avoir fait partie sur le réseau social d’un groupe de fans d’un jeu vidéo de tir.

Les photos de profil empruntent à cet imaginaire sinistre : "Tu mets toujours que des trucs gore", lui lance même un de ses contacts. Parmi ces photos de profil, une image sort du lot, publiée le 15 novembre 2015, deux jours après les attentats commis à Paris et Saint-Denis : la photo d’un membre du GIGN, casqué et armé d’un fusil d’assaut.

Le père du jeune homme, conseiller municipal de la majorité de droite à Grasse, avait lui-même publié sur son compte Twitter un message de soutien, peu de temps après la fusillade : "De tout coeur avec le proviseur, les professeurs, le personnel et parents d’élèves de #Tocqueville."

"Je pense qu’il était à mille lieues de se douter de ce qui est arrivé", confie à l’AFP un proche du père, qui décrit des parents -lui est représentant en téléphonie mobile, elle est mère au foyer - "très proches" de leurs enfants.

mots clés de l'article : Agression , Enquête , éducation , lycées

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