Macron au Bourget pour mettre en valeur l’aéronautique européenne

© POOL/AFP - Michel Euler

Le président français Emmanuel Macron a inauguré lundi le 52e Salon du Bourget, près de Paris, où il s’est rendu à bord d’un avion du consortium Airbus, un geste destiné à mettre en valeur l’industrie aéronautique européenne, sur fond de rivalité entre l’européen et l’américain Boeing.

M. Macron est arrivé peu avant 10H00 en avion de transport A400M, après avoir décollé 15 minutes plus tôt de Villacoublay (près de Versailles). Programme militaire le plus ambitieux jamais lancé en Europe, l’A400M a connu d’importants surcoûts et retards ainsi que des problèmes techniques.

Dans l’appareil, M. Macron a côtoyé une vingtaine de salariés et de dirigeants d’entreprises françaises du secteur aéronautique, grand contributeur au commerce extérieur hexagonal. Ainsi que les ministres françaises Sylvie Goulard (Armées) et Elisabeth Borne (Transports).

La délégation a assisté à des démonstrations aériennes, notamment du très gros porteur A380, de l’avion d’affaires Falcon et du jet de combat Rafale du français Dassault Aviation et d’hélicoptères militaires de production européenne, Caïman (NHIndustries NH90) et Tigre (Eurocopter EC665). Le dernier né de la famille A350, le A350-1000 a effectué des figures impressionnantes.

Le président a enchaîné par une visite du stand d’Airbus où le PDG du groupe Tom Enders, a indiqué que la nouvelle galaxie de satellites (OneWeb), destinée à donner accès à Internet depuis l’espace à un prix abordable, serait déployée en 2018.

Ce n’est "pas la peine de dépenser (...) des mille et des cents" en infrastructures fibres si le déploiement d’internet par satellite "va si vite", lui a répondu M. Macron.

Il a ensuite rencontré l’astronaute français Thomas Pesquet, qui lui a offert une photo de Paris vue depuis la Station spatiale internationale (ISS) et lui a parlé de Mars. "Ca vous démange ! A croire que vous n’êtes pas bien sur Terre !", a plaisanté le président français.

Dès le coup d’envoi du Salon, Boeing a annoncé le lancement du 737 MAX 10, version allongée de son moyen-courrier best-seller, et dans la foulée une première commande de 10 appareils pour 1,25 milliard de dollars ainsi qu’un protocole pour 60 moyen et long courriers (des 737 MAX 8 et 10, ainsi que des 787-9 Dreamliner) pour une valeur de 7,4 milliards de dollars.

Le 737 MAX 10 est la réponse du géant de Seattle à la concurrence âpre de l’A321neo d’Airbus, grâce auquel l’avionneur européen s’est taillé une part de 60% du marché des moyen-courriers re-motorisés.

Airbus a immédiatement répliqué à son rival historique en annonçant une commande de 100 A320neo pour plus de 10 milliards de dollars.

- huit à dix années de production -

Le salon était placé sous très haute sécurité en raison de la menace terroriste, avec un dispositif aérien composé d’avions de chasse, d’hélicoptères, de missiles sol-air ainsi que de dizaines de "guetteurs".

Le plus grand salon aéronautique du monde, qui ouvrira ses portes au public vendredi, attend plus de 350.000 visiteurs jusqu’à dimanche, dont 150.000 professionnels, et 2.370 exposants.

Au rang des nouveautés figurent l’A321neo et l’A350-1000 d’Airbus, le Boeing 787-10 "Dreamliner" et le 737 Max 9 ou encore l’Antonov 132 D.

Côté militaire, le clou sera la première en France du F-35A, l’avion de combat de dernière génération de l’armée de l’air américaine, développé par Lockheed Martin et rival du Rafale de Dassault.

Sur le front des commandes d’appareils, cette édition ne devrait pas connaître le faste des années précédentes. 2017 sera "très ralentie pour les commandes d’Airbus comme pour l’ensemble de l’industrie", a prévenu le directeur commercial, John Leahy, l’homme aux 15.000 Airbus vendus.

L’industrie reste portée par la croissance du trafic aérien dans le monde, et les grands avionneurs ont devant eux de huit à dix années de production en carnet de commandes.

Airbus, qui a publié récemment des prévisions de marché sur 20 ans en hausse, prévoit un doublement de la flotte d’avions dans le monde d’ici 2036, à 35.000 nouveaux appareils pour une valeur de 5.300 milliards de dollars.

Boeing doit publier les siennes mardi, mais Kevin McAllister, le patron de la branche aviation civile du géant de Seattle, a dit dimanche tabler sur un besoin de 41.000 avions d’ici 20 ans.

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