Benoît Hamon investi alors que la gauche se remet à y croire

© AFP - Thomas SAMSON

Une semaine après sa nette victoire à la primaire PS élargie, Benoît Hamon a été officiellement investi dimanche à la Mutualité par un parti socialiste qui se remet à espérer accéder au second tour de la présidentielle, mais n’est pas totalement rassemblé.

"Après cet exercice réussi ont où ont été posés des nuances (...) des différences, aujourd’hui nous nous rassemblons", a déclaré la maire de Paris en ouvrant la convention devant quelque 2.000 militants à la Mutualité.

"Nous étions presque condamnés à mort, à une disparition immédiate, nous avons repris des couleurs", a lancé Anne Hidalgo, adressant plusieurs "merci" au candidat, et saluant "(son) humilité et (son) sens du travail", loin de "la vision de l’homme providentiel".

"Rien ne sera fait sans nous, tout sera fait avec nous, c’est déjà le premier succès de ta campagne", a aussi salué le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis.

Le président de la Haute Autorité des primaires citoyennes Thomas Clay a déclaré officiellement investi le candidat, donnant au passage les chiffres définitifs du second tour de la primaire : 2.046.628 votants, 58,69% des voix pour M. Hamon.

Plusieurs représentants de la société civile ont pris la parole, dont l’économiste Julia Cagé, particulièrement offensive, qui a fait siffler Emmanuel Macron en l’accusant d’avoir inventé "l’impôt régressif sur le patrimoine".

L’ex-ministre de la Justice Christiane Taubira va clore les interventions, avant un discours d’une heure de M. Hamon.

Comme annoncé, Arnaud Montebourg et Vincent Peillon sont venus à la Mutualité assister à l’investiture de leur rival de la primaire. Manuel Valls est en revanche absent, comme annoncé dès le lendemain de sa défaite. Mais plusieurs de ses proches ou piliers de campagne sont là, comme Didier Guillaume, son directeur de campagne, et le sénateur Luc Carvounas.

Côté gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, Matthias Fekl, Axelle Lemaire, Thierry Mandon, Laurence Rossignol, Pascale Boistard, ou l’écologiste Emmanuelle Cosse ont fait le déplacement. "Nos électeurs, sans renier les cinq années qui viennent de s’écouler, éprouvent le besoin de voir s’ouvrir une nouvelle page de l’histoire de la gauche de gouvernement", a jugé M. Mandon dans le JDD.

Mais la majorité des poids lourds, dont le Premier ministre Bernard Cazeneuve, se sont fait excuser.

Malgré ces défections, l’ancien ministre de l’Education s’est dit "serein sur le rassemblement" dans un entretien au Monde paru samedi.

"Une photo où il aurait été au milieu du gouvernement, ça aurait été contre-productif pour la suite", a glissé un se de ses proches aux journalistes en marge du meeting.

Tout en gardant son "cap", M. Hamon devrait montrer dans son discours sa "volonté de rassemblement", selon son entourage.

- "Pas de fracture" -

Depuis une semaine, les signaux sont globalement au vert pour l’ancien "frondeur". L’hémorragie de socialistes en direction d’Emmanuel Macron, prédite par beaucoup, n’a pas eu lieu, pour l’instant en tout cas.

"Je note que les personnalités qui refusent ou qui émettent des réserves sont très peu nombreuses. C’est quinze personnes sur 250 députés (...) Il n’y a pas de fracture", s’est félicité samedi matin sur Europe 1 un des porte-parole de M. Hamon, Alexis Bachelay, une allusion au "droit de retrait" invoqué mardi par des députés du "pôle des réformateurs".

Les sondages apportent aussi leur lot de bonnes nouvelles, avec un bond d’environ dix points de l’outsider de la primaire depuis sa victoire.

Troisième motif de satisfaction, pour celui qui souhaite construire un contrat de gouvernement avec les écologistes et La France insoumise : EELV a rendu publique jeudi une lettre appelant à un dialogue avec Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon "pour construire un projet commun".

Les discussions sont plus ardues avec Jean-Luc Mélenchon, qui juge difficile de "former une majorité parlementaire" avec M. Hamon si celui-ci emmène avec lui des gens que l’un et l’autre "ont combattus pendant des années" -citant Myriam El Khomri, Bruno Le Roux, Manuel Valls.

"Entre eux et nous, choisissez", a intimé M. Mélenchon jeudi. "Je ne suis pas là pour proposer des têtes", a répondu M. Hamon. "Rassembler c’est agréger, ça n’est pas soustraire", a jugé Mme Hidalgo dimanche.

mots clés de l'article : élections , partis , PS , présidentielle , France2017

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