Benoît Hamon dans la Creuse à la rencontre du "pays réel"

© AFP - PASCAL LACHENAUD

Quatre jours après son investiture par le PS, Benoît Hamon s’est rendu jeudi dans la Creuse, au chevet du "pays réel qui rame, qui souffre" avec, dans sa besace, non pas des solutions "miracles", mais des réponses qu’il veut concrètes et crédibles.

"Je ne suis pas venu avec de la poudre de perlimpinpin", a déclaré à la presse le candidat PS à la présidentielle, après une rencontre avec une petite centaine de salariés de l’entreprise GM&S, à la mairie de La Souterraine.

"Il n’attendaient pas de moi spécialement des miracles (...) C’est le pays réel, celui qui rame, qui souffre, qui est inquiet et vis-à-vis duquel on doit concentrer l’essentiel de nos réponses", a dit M. Hamon, accusé pendant la primaire du PS et de ses alliés d’être un marchand de rêves.

"Moi, quand je parle du travail, c’est ce travail-là qui m’intéresse, pas les grands discours sur la société post-travail et tout ce que je peux entendre à Paris", a ajouté celui qui a théorisé la "raréfaction du travail".

Devant les salariés de GM&S, un sous-traitant de l’automobile placé en redressement judiciaire, M. Hamon a souhaité que les donneurs d’ordre de l’entreprise, PSA et Renault, prennent des engagements "durables" pour péréniser son activité.

"Il faut se tourner vers ceux qui ont pris l’agent public, ceux qui ont été sauvés par l’argent public", a-t-il affirmé, alors que le Premier ministre Bernard Cazeneuve doit lui aussi rencontrer les salariés de cette entreprise vendredi.

S’excusant de ne pas avoir aujourd’hui "le manche", M. Hamon s’est engagé, s’il est élu président de la République, à infléchir la stratégie de l’Etat actionnaire afin de privilégier "l’activité sur le territoire français, la relocalisation chaque fois que c’est possible", plutôt que la perception de dividendes.

"C’est un beau slogan, le Made in France", a souri M. Hamon, dans une allusion au mot d’ordre d’un de ses adversaires de la primaire, Arnaud Montebourg.

Le député "frondeur" s’est aussi engagé à promouvoir une autre "loi travail", fustigeant la réduction de la rémunération des heures supplémentaires que permet la loi El Khomri.

- Meeting à Guéret -

"Un sujet qui serait intéressant" à explorer dans cette nouvelle loi serait celle du "pouvoir des salariés dans les entreprises", autre thème de la campagne de M. Montebourg.

S’il n’a pas été question du revenu universel d’existence lors de cette visite, M. Hamon l’a en revanche à nouveau défendu devant les jeunes d’une mission locale, à Guéret.

Loin de la "caricature de candidat des villes" qui a être pu être faite de lui pendant la primaire, selon les mots d’un de ses soutiens, Stéphane Troussel, M. Hamon s’est aussi rendu dans une coopérative agricole pour y défendre, devant une rangée de vaches limousines, une "alimentation de qualité". Il doit présenter la semaine prochaine ses mesures pour un "grand plan alimentation".

"Il faut qu’il articule projet d’avenir et sujets du quotidien, visiblement ça intéresse", a décrypté M. Troussel, président du Conseil général de Seine-Saint-Denis.

M. Hamon a poursuivi son périple par une visite à "l’éco-maternité" du centre hospitalier de Guéret, où "tout est pensé pour garantir l’environnement le plus sain possible pour la future maman et son bébé", selon l’hôpital. L’occasion pour le candidat d’illustrer son propos sur les perturbateurs endocriniens et de s’engager pour la défense des services publics.

Il devait visiter en fin d’après-midi le théâtre d’Aubusson avant de tenir une réunion publique à Guéret.

mots clés de l'article : élections , partis , PS , présidentielle , France2017

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