APB : campagne d’information pour inciter à libérer des places

© AFP - Richard BOUHET

Le ministère de l’Enseignement supérieur a lancé vendredi une campagne d’information pour encourager les bacheliers à démissionner de la plateforme d’admission post-bac s’ils ont été admis dans des formations non répertoriées sur APB, afin de libérer des places et désengorger le système.

Il indique également, dans un communiqué, que la concertation autour de l’entrée à l’université démarrera le 17 juillet.

Ces négociations avec les acteurs de l’enseignement supérieur (présidents d’université, syndicats étudiants, des enseignants, fédérations de parents d’élèves, etc.) doivent porter sur la mise en place de prérequis avant l’entrée à la fac afin de réduire le taux d’échec en licence, via notamment une meilleure orientation des jeunes, et de supprimer le tirage au sort dès la rentrée 2018.

A quelques jours du début de la troisième phase d’APB (qui démarre le 14 juillet), le ministère lance une campagne sur les réseaux sociaux pour inciter les bacheliers ou étudiants en réorientation à démissionner de la plateforme, avant le 11 juillet minuit, s’ils ont été admis à un concours pour une formation qui n’est pas inscrite sur APB (Sciences-Po, écoles d’infirmiers etc.).

Le but est de libérer des places qui pourront donc être proposées à partir du 14 juillet aux candidats toujours en liste d’attente.

A l’issue de la deuxième vague de réponses, le 26 juin, il restait encore 117.000 jeunes sur listes d’attente, dont 17.000 qui avaient pourtant placé en premier voeu une filière non sélective, pas en tension, et dans leur académie (un voeu qui aurait dû leur garantir une place).

"Le système est à bout de souffle", avait estimé fin juin la ministre Frédérique Vidal.

La première vague de réponses d’APB début juin avait révélé un nombre de formations en tension (avec des demandes supérieures aux capacités d’accueil) bien plus élevé que l’année passée. Une situation qui s’explique par la hausse démographique et la volonté d’un nombre accru de bacheliers de poursuivre des études. Et un défaut d’orientation, selon une partie des acteurs concernés.

Le Premier ministre Edouard Philippe a indiqué lundi que les lycéens désirant entamer des études supérieures se verront proposer "dès la rentrée 2018" des "contrats de réussite étudiante", qui leur indiqueront "les prérequis pour réussir dans la filière visée".

Reste à définir ces fameux prérequis. Un sujet hautement inflammable si les syndicats étudiants et enseignants y voient une forme déguisée de sélection pour l’entrée à la fac.

Dans une lettre adressée fin juin aux présidents d’université, Frédérique Vidal indique que le contrat de réussite étudiante reposera sur "les souhaits exprimés par les futurs étudiants", "les exigences propres à chaque cursus diplômant" et "les capacités d’accueil des formations", selon un syndicat des enseignants du supérieur, le SNESUP-FSU, des termes confirmés par le ministère.

Pour le SNESUP-FSU, il s’agit d’"un pseudo contrat de réussite" et les prérequis "s’inscrivent dans une logique de compétition entre individus et de productivité des études".

Le Sgen-CFDT réfute fermement l’idée de sélection mais rappelle que le tirage au sort, mis en oeuvre depuis plusieurs années pour l’entrée en fac dans plusieurs filières, "est la pire des solutions". Il prône "une vraie orientation active", qui ordonnerait "les inscriptions dans une filière à partir d’une analyse fine du dossier de chaque candidat".

mots clés de l'article : syndicats , gouvernement , université , éducation , lycées , baccalauréat

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