A Paris, finis les "cadenas d’amour" près de Notre-Dame

© AFP/Archives - MIGUEL MEDINA

Finis les "cadenas d’amour" sur le Pont de l’Archevêché : comme l’an passé au Pont des Arts, la Ville de Paris a fini cette semaine de poser des plaques de verre sur les grilles du pont jouxtant Notre-Dame. Ces trop pesantes marques de fidélité très prisées des touristes seront, elles, vendues aux enchères.

"Nous sommes très heureux de pouvoir redonner cette belle perspective aux Parisiens et aux touristes", s’est réjoui mercredi Bruno Julliard, premier adjoint de la maire PS de Paris Anne Hidalgo, en saluant "le nouveau visage" après travaux de ce petit pont très prisé des touristes.

A quelques centaines de mètres de la cathédrale, l’ouvrage arbore de nouveaux garde-corps flambant neufs sur lesquels ont été apposées des plaques de verre feuilleté anti-reflets, empêchant tout accès aux grilles.

Car comme autrefois sur le Pont des Arts dont une partie des grilles avaient ployé sous le poids du métal, celles du Pont de l’Archevêché étaient envahies de ces "cadenas d’amour" avec initiales au stylo, que les couples du monde entier viennent fixer avant de jeter la clé dans le fleuve.

La Ville mène campagne depuis deux ans contre cette habitude, au nom de la sécurité mais aussi du patrimoine et de "l’une des plus belles perspectives au monde", classée à l’Unesco.

"Nous souhaitons continuer à accueillir tous les amoureux du monde entier à Paris, qu’ils se demandent en mariage à Paris, se jurent fidélité à Paris, mais sans accrocher de cadenas", dit-il.

- "La mémoire d’un moment" -

Depuis dix mois, les plaques de verre du Pont des Arts ont rempli leur office. "Nous sommes très heureux du résultat", dit M. Julliard, "seules trois plaques ont du être remplacées". La mesure est "respectée" et de "solution durable".

Sur les autres ponts ou passerelles, les agents municipaux passeront plusieurs fois par semaine pour enlever les cadenas.

Car pas question de proposer un lieu alternatif. "Le mieux, c’est de ne pas alimenter la pratique", dit l’élu. La Ville travaille donc avec les guides pour qu’ils dissuadent les touristes, "nous allons continuer ces actions pédagogiques", dit-il.

Le nettoyage du Pont des Arts avait donné 45 tonnes de métal. Du Pont de l’Archevêché, le second plus prisé, 20 tonnes ont été enlevées.

Depuis, ce métal est stocké par la Ville mais pas question de la garder. Une vente aux enchères sera organisée début 2017 au Crédit Municipal de Paris, dont les bénéfices seront reversés à des actions de solidarité et de soutien aux réfugiés accueillis à Paris.

Dix tonnes de ces cadenas seront vendues par grappes, peut-être par plaques. Le reste du métal sera peut-être donné à des artistes, pour être fondu.

Sur le Pont Neuf, des plaques entières de cadenas subsistent encore, qui continueront à être enlevées lors de tournées régulières. Venus de Bogota, Elisabeth et Ernesto Antonilez inscrivent leurs initiales sur un cadenas. Oui, ils savent que cela pose problème, "c’est la mémoire d’un moment", plaide la jeune femme qui propose un "mur sur lequel écrire".

Rodant autour des touristes, les petits revendeurs continuent leur commerce. Cheikh, venu du Pakistan, en est "désolé", dit-il.

Sur les quais, un vendeur de souvenirs, qui veut rester anonyme, offre aussi ces objets à la vente. "Il n’y a pas de loi qui l’interdise", dit-il, et "il faut que tout le monde vive".

mots clés de l'article : tourisme , collectivités , PATRIMOINE

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