A Paris, des blocs de pierre anti-campement de migrants

© AFP - ALAIN JOCARD

Pour empêcher l’installation d’un campement, des blocs de pierre ont été déposés par la ville de Paris sur un terre-plein où des migrants passaient la nuit près du centre officiel d’accueil, une initiative dénoncée avec "effroi" côté bénévoles.

Les rochers, qui se trouvaient auparavant sur le boulevard longeant le "centre de premier accueil" ouvert par l’Etat et la ville en novembre dans le nord de la capitale, ont été déplacés le 10 février pour être réinstallés sous un pont qui enjambe le boulevard Ney, a-t-on indiqué mercredi à la mairie de Paris.

Depuis plusieurs semaines, un groupe de migrants, essentiellement soudanais, campait sur cette bande de terre coincée entre les voies bruyantes du boulevard proche du périphérique, faute de pouvoir entrer dans le centre où les places de nuit sont toutes occupées.

"J’ai dormi entre les blocs", explique à l’AFP Ousma, qui se réchauffe avec une vingtaine d’autres Soudanais sur une grille soufflant de l’air chaud. "Depuis 17 jours j’essaie de rentrer dans le centre, mais les Afghans m’empêchent".

A la mairie, on assure qu’"il ne s’agit pas d’une stratégie vindicative contre les campements", et que d’ailleurs une opération de "mise à l’abri" a eu lieu la veille, avec 143 personnes prises en charge.

Mais "on ne souhaite pas de petits campements sur cette zone", ajoute-t-on de même source, en justifiant cette mesure par "l’extension des travaux du tramway" et le fait que "la zone va être entourée de barrières d’ici la fin du mois pour permettre des travaux de destruction et de reconstruction du pont". "Nous souhaitons éviter que des gens dorment à un endroit qui peut être potentiellement dangereux".

Mais l’initiative fait grincer des dents les bénévoles. Pour le collectif Solidarité Migrants Wilson, qui a signalé "avec effroi" cette installation dans un communiqué sur sa page Facebook, les pierres "ont été placées sous ce pont pour empêcher les réfugiés d’y dormir".

"Cette occupation hostile de l’espace public" est "indigne", se désole avec "dégoût" le collectif des "P’tis dej’ à Flandres".

L’association, qui avait été l’une des premières à dénoncer, après Médecins sans frontières, la confiscation de couvertures des migrants à Paris en janvier, accuse une "politique de non accueil" des pouvoirs publics, en droite ligne selon elle de l’édification de barrières sur les lieux des anciens campements — sous le métro aérien notamment.

mots clés de l'article : réfugiés , immigration , MIGRATIONS

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